À retenir
- Le Certibiocide est délivré à une personne physique, jamais à une entreprise : « la société est certifiée » n'est pas une information vérifiable.
- Depuis le 1er janvier 2024, il existe trois certificats distincts. La dératisation relève de celui dit « nuisibles », qui couvre les types de produits TP14 (rodenticides), TP18 et TP20.
- Il se vérifie en ligne, gratuitement, sur l'outil du ministère de la Transition écologique.
- Il atteste une formation à l'usage des produits, pas la qualité d'un diagnostic : nécessaire, pas suffisant.
Le certificat suit l'intervenant, pas la société
Regardez le bandeau d'un site de dératisation : neuf fois sur dix, il affiche « entreprise Certibiocide ». Cette phrase ne peut pas être vraie. Le certificat se rattache à un individu — celui qui a suivi la formation et passé l'évaluation —, et une personne morale n'entre pas dans le champ du dispositif.
Pourquoi c'est votre problème et pas un détail juridique : le jour de l'intervention, ce n'est pas la société qui ouvre le poste d'appâtage et choisit la matière active, c'est un technicien. Si c'est lui qui manipule le rodenticide, c'est lui qui doit être couvert. Une société parfaitement en règle peut employer trois techniciens dont un seul est certifié — et vous envoyer l'un des deux autres.
D'où la question à poser, qui n'est pas celle que tout le monde pose. Au lieu de « êtes-vous certifiés ? », qui appelle un oui automatique et ne vous apprend rien, demandez : « qui vient chez moi, quel certificat détient-il, et quel est son numéro ? » Trois informations, une seule phrase, et une réponse que vous pourrez vérifier vous-même dix minutes plus tard.
Depuis 2024, il y en a trois — un seul concerne les rongeurs
Jusqu'au 31 décembre 2023, un certificat unique couvrait l'ensemble des produits biocides soumis à certification. Depuis le 1er janvier 2024, le dispositif est scindé en trois certificats, chacun correspondant à une famille d'usages.
Celui qui vous concerne pour des rats ou des souris est le certificat « nuisibles ». Il couvre les types de produits TP14 — les rodenticides, ainsi que TP18 et TP20. Les deux autres certificats portent sur des usages sans rapport avec la dératisation : ils ne valent pas pour poser un appât rodenticide chez vous.
Ce point a une conséquence directe et souvent ignorée : un professionnel peut détenir un Certibiocide parfaitement valide et néanmoins pas le bon. Demander « lequel ? » n'est donc pas une formalité — c'est la moitié de la vérification.
Comment le vérifier vous-même, gratuitement
- Demandez le numéro de certificat de la personne qui interviendra, et son nom.
- Rendez-vous sur la page officielle de vérification, publiée par le ministère de la Transition écologique.
- Saisissez le numéro. L'outil indique si le certificat existe, à qui il appartient, sa catégorie et sa validité.
Deux minutes, aucun compte à créer, aucun intermédiaire. Un professionnel sérieux vous donnera son numéro sans hésiter — c'est une information publique par construction, et un refus de le communiquer est en soi une réponse.
Ce que le Certibiocide ne prouve pas
Il faut être clair sur la portée du certificat, sans quoi on lui fait dire ce qu'il ne dit pas.
Ce que le certificat établit tient en une ligne : son titulaire a été formé au maniement de produits dangereux — cadre réglementaire, risques sanitaires et environnementaux, précautions d'emploi, élimination des déchets. Sur la dératisation, c'est loin d'être anodin : c'est la différence entre des blocs posés en postes fixés, repérés et relevés, et des granulés laissés dans un coin de cave à portée d'un chat.
Ce qu'il ne dit rien de :
- la qualité du diagnostic — identifier l'espèce, lire les indices, retrouver les points d'entrée relève de l'expérience, pas de la formation réglementaire ;
- le résultat de l'intervention, qu'aucun certificat ne peut garantir ;
- l'existence d'une assurance responsabilité civile professionnelle, qui est une pièce distincte et qu'il faut demander séparément ;
- le sérieux commercial de l'entreprise : devis clair, délais tenus, suivi effectué.
Autrement dit, c'est un plancher, pas un classement. Un dératiseur sans Certibiocide « nuisibles » valide ne devrait pas poser de rodenticide chez vous ; un dératiseur qui l'a peut malgré tout faire du mauvais travail.
Les deux autres pièces à demander dans la foulée
Puisque vous posez la question du certificat, autant poser les deux qui l'accompagnent utilement.
L'attestation de responsabilité civile professionnelle, en cours de validité. Elle couvre les dommages causés pendant l'intervention. Elle se demande, elle se lit, et sa date de fin de validité se vérifie d'un coup d'œil.
Le numéro SIRET, qui permet de confirmer que l'entreprise existe et qu'elle est active. C'est le contrôle le plus rapide des trois.
Ce que fait Couicou, et ce qu'il ne fait pas
Couicou ne réalise aucune intervention : la plateforme met en relation avec des dératiseurs indépendants. Un certificat manquant ou périmé bloque l'activation du compte d'un professionnel — ce contrôle est mécanique, pas déclaratif. Nous exigeons également une attestation de responsabilité civile professionnelle et un SIRET au dossier.
Ce que nous ne faisons pas : authentifier un numéro de certificat auprès de l'État. Cette vérification-là, personne ne peut la faire à votre place mieux que vous, et elle prend deux minutes sur l'outil public ci-dessus. Nous préférons vous l'expliquer plutôt que de laisser croire à un contrôle que nous n'effectuons pas.
Le détail de nos conditions de sélection est publié sur une page dédiée.
FAQ
Un dératiseur sans Certibiocide est-il illégal ? Le certificat conditionne l'usage professionnel des produits biocides concernés. Un professionnel qui applique des rodenticides sans détenir le certificat requis se place hors du cadre réglementaire. Certaines prestations sans produit biocide — un simple piégeage mécanique, un diagnostic, un colmatage — ne relèvent pas du même régime, mais dès qu'un rodenticide est posé, la question se pose.
Mon devis mentionne « entreprise certifiée Certibiocide » : est-ce suffisant ? Non, et c'est même le signe qu'il faut poser la question précise. Le certificat est individuel : une entreprise ne peut pas en détenir un. Demandez le nom et le numéro de la personne qui interviendra.
Le certificat a-t-il une durée de validité ? Oui. Il est délivré pour une durée limitée et doit être renouvelé. C'est précisément ce que l'outil de vérification en ligne vous permet de contrôler : un certificat qui a existé n'est pas nécessairement un certificat encore valide aujourd'hui.
Et si le professionnel refuse de donner son numéro ? C'est une réponse en soi. L'information est publique par construction, et sa communication ne présente aucun risque pour le professionnel. Un refus justifie de demander un autre devis.
Sources
- Arrêté du 9 octobre 2013 modifié relatif aux conditions d'exercice de l'activité d'utilisateur professionnel et de distributeur de certains types de produits biocides — Légifrance.
- Vérification en ligne d'un certificat — CERTIBIOCIDE, ministère de la Transition écologique.
- Notice explicative de l'arrêté « Certibiocide » — ministère de la Transition écologique.
- Règlement (UE) n° 528/2012 concernant la mise à disposition sur le marché et l'utilisation des produits biocides — EUR-Lex.
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