Reconnaître les rongeurs présents en France
Trois espèces concentrent l'essentiel des interventions de dératisation :
- Le rat surmulot (rat brun, Rattus norvegicus), aussi appelé rat d'égout. Le plus répandu en ville. Trapu, il vit près du sol : égouts, caves, vides sanitaires, réseaux d'assainissement.
- Le rat noir (Rattus rattus), plus agile et grimpeur, présent dans les combles, les toitures et les zones portuaires ou rurales.
- La souris grise (Mus musculus), petite, discrète et prolifique, qui se faufile par le moindre interstice (un trou de 6 mm lui suffit).
Savoir quelle espèce est en cause n'est pas un détail : le comportement, les zones de circulation et le plan de traitement diffèrent. C'est la première chose que nos pros identifient sur place.
Les trois espèces à savoir distinguer
Le comportement, les zones de circulation et le plan de traitement diffèrent selon l'espèce. Voici les repères visuels utilisés par nos professionnels.

Rat surmulot
Rattus norvegicus
Trapu, museau arrondi, petites oreilles, queue plus courte que le corps.

Rat noir
Rattus rattus
Élancé, grandes oreilles, queue plus longue que le corps.

Souris grise
Mus musculus
Petite, grandes oreilles, museau pointu, longue queue fine.
Pourquoi une infestation se développe si vite
Le rongeur est un reproducteur redoutable. Chez le surmulot, la gestation ne dure que 21 à 23 jours, une femelle peut avoir 5 à 7 portées par an de 6 à 12 petits chacune. Résultat : à partir d'un seul couple, une population peut dépasser 1 000 individus en un an si rien n'est fait. C'est exactement pour ça qu'attendre est la pire décision — chaque semaine de retard multiplie le travail.
Les rongeurs suivent la chaleur et la nourriture : réseaux d'égouts, caves, vides sanitaires, poubelles, stocks alimentaires, composts. Le bâti ancien, les chantiers et la densité urbaine leur offrent des couloirs de circulation permanents. Et comme ils ignorent les limites de propriété, un jardin ou un local technique voisin mal protégé suffit à réalimenter une colonie que l'on croyait éradiquée.
Les risques sanitaires : un enjeu de santé, pas de confort
Les rongeurs sont des vecteurs de maladies. La plus surveillée en France est la leptospirose : le rat est le principal réservoir de la bactérie, qu'il excrète dans ses urines sans être malade lui-même. On compte 600 à 800 cas humains déclarés par an en France, une incidence qui a quasiment doublé en dix ans, et jusqu'à 10 % de mortalité dans les formes graves. Depuis août 2023, la leptospirose est une maladie à déclaration obligatoire. Dans certaines colonies parisiennes, plus de la moitié des rats seraient porteurs.
À la leptospirose s'ajoutent d'autres zoonoses (hantavirus, salmonelloses) et surtout la contamination des denrées et des surfaces par les déjections et les urines. Dès qu'un logement est concerné, on est sur un sujet de santé publique — pas d'un simple désagrément.
Les dégâts matériels : le risque d'incendie sous-estimé
Un rongeur ronge en permanence pour user ses incisives, qui poussent sans arrêt. Bois, plastique, isolants, tuyaux, stocks… et surtout câbles électriques. Ces morsures provoquent courts-circuits et départs de feu : on estime qu'une part importante des incendies d'origine non identifiée pourrait être liée à une action de rongeur. À cela s'ajoutent les dégâts sur l'isolation, les gaines et les denrées stockées. Le coût d'une infestation prolongée dépasse vite celui d'une intervention rapide.
Les signes qui doivent alerter
- Des crottes noires (fuseaux de quelques millimètres) le long des murs, dans les placards ou près des denrées.
- Des traces de rongement sur des emballages, plinthes, câbles ou bas de portes.
- Des bruits nocturnes (grattements, trottinements) dans les cloisons, faux plafonds ou combles.
- Des coulées (traînées grasses) le long des murs, des terriers en extérieur, une odeur d'urine caractéristique.
Un seul de ces signes justifie un diagnostic. Plusieurs signalent une population déjà installée.
Pourquoi faire appel à un professionnel plutôt qu'à des appâts de grande surface
Trois raisons de fond :
- La réglementation s'est durcie. Les rodenticides sont des produits biocides (type TP14) encadrés par le règlement européen (UE) n° 528/2012. Leur usage professionnel exige une certification (Certibiocide, arrêté du 9 octobre 2013 modifié en 2023). Et l'appâtage permanent préventif est désormais interdit en France : on ne pose plus de poison « au cas où ».
- La résistance progresse. Des populations de rats et de souris développent une résistance génétique aux anticoagulants (mutations du gène VKORC1). Un appât mal choisi ne tue pas — il nourrit et sélectionne les individus résistants.
- Le poison seul ne résout rien. Une dératisation efficace, c'est un diagnostic (espèce, points d'entrée, sources de nourriture), un appâtage raisonné en postes sécurisés et inviolables (hors de portée des enfants et animaux), puis du colmatage et des conseils d'exclusion pour empêcher le retour. C'est un métier.
Nos professionnels partenaires sont certifiés et appliquent cette méthode complète — pas un simple dépôt de granulés.
Dératisation : qui doit payer ?
C'est une question fréquente, et la réponse est plutôt favorable aux occupants.
- En location, la dératisation est en principe à la charge du propriétaire bailleur. La loi du 6 juillet 1989 et le décret n° 87-713 ne la font pas figurer dans les charges récupérables sur le locataire. Un logement infesté par des rongeurs est d'ailleurs considéré comme non conforme aux critères de décence, ce qui oblige le propriétaire à intervenir à ses frais.
- Exception : si l'infestation résulte directement du comportement du locataire (défaut d'entretien, déchets accumulés), le propriétaire peut lui demander de participer.
- En copropriété, les parties communes relèvent du syndic ; les nombreux règlements sanitaires départementaux (RSD) imposent d'ailleurs aux propriétaires et syndics une dératisation régulière (souvent au moins annuelle).
- Sanctions : après signalement écrit resté sans suite, l'Agence Régionale de Santé (ARS) peut contraindre le propriétaire à agir.
Prévenir le retour : l'exclusion avant tout
Une fois la population traitée, l'enjeu est d'empêcher la recolonisation :
- Colmater les points de passage (bas de portes, grilles d'aération, gaines, joints) — un trou de 6 mm suffit à une souris.
- Protéger les denrées dans des contenants hermétiques et gérer les déchets (poubelles fermées, compost éloigné).
- Supprimer l'eau et les abris faciles (fuites, encombrants, végétation contre les murs).
Nos pros remettent des recommandations adaptées à votre bâti à l'issue de l'intervention.
